Alsea est une association dont les membres partagent leurs passions respectives : la japanimation, la j-music, le dessin manga … et la liste est longue !! Un point commun ? La culture japonaise !!
La date du 9 février 2012 a été annulée, pour cause d’infrastructures trop lourdes à désinstaller et donc de planning … ils auraient pu trouver autre chose ! Il est évident que des billets entre 75€/100€, la taille de la salle (Bercy double du Zenith) et la tenue des concerts en semaine n’allaient pas rencontrer un franc succès !
En espérant que vous ayez comme nous acheté les billets du 8 février !
Résumé : Gil Ra Im travaille comme cascadeuse-doublure et experte en arts du combat. Belle, humble, prévenante, c’est une femme de 30 ans qui parait forte mais est en fait très sensible et fragile depuis la mort de son père 13 ans auparavant. Malgré sa gentillesse, elle est jalousée pour sa beauté naturelle, son talent et son application au travail.
Kim Ju Woon est PDG du centre commercial LOEL appartenant à son grand-père. Riche, intelligent, séduisant, c’est un beau parti de 34 ans pour qui sa mère organise des rendez-vous arrangés et pouvant être avantageux pour leur famille. Il est cependant dépensier, narcissique, manipulateur, froid, cassant, même avec ses employés.
De gauche à droite : Gil Ra Im, Oska, Im Jong Soo, Yoon Seul et Kim Ju Woon
Suite à un malentendu impliquant la réputation d’Oska, cousin caché et chanteur de K-Pop en vogue, Ju Woon fait la connaissance de Ra Im. Malgré la brièveté de leur rencontre, Ra Im attise la curiosité de Ju Woon et il pense sans cesse à elle. Il se met à l’observer, à la suivre constamment et trouve toutes les excuses du monde pour la voir ! Ra Im ne supporte pas l’arrogance de Ju Woon et l’évite par tous les moyens.
En parallèle, Ra Im est une fangirl amoureuse transi d’Oska, celui-ci est toujours amoureux de son ex-petite amie, Yoon Seul, une réalisatrice aisée qui veut épouser Ju Woon ! Mais celui-ci ne veut pas entendre parler d’elle, surtout depuis qu’il a jeté son dévolu sur Ra Im. Il découvre qu’il n’est pas le seul, la star de la K-Pop Oska comme le Directeur de l’école de cascade Im Jong Soo apprécient beaucoup la jeune femme …
Mais les vies de Ju Woon et de Ra Im basculent du jour au lendemain après avoir bu une étrange liqueur : leurs esprits se retrouvent intervertis et l’un se retrouve dans le corps de l’autre ! Leurs vies s’en retrouvent temporairement bouleversées, ce qui ne facilitent pas les choses dans leurs quotidiens tant privés que professionnels …
Critique et avis : Secret Garden est mon gros coup de coeur drama 2011 !!! J’en oublierais presque HanaDan et Boys Over Flowers réunis ! Ce drama est de ceux qui vous feront apprendre le coréen de manière accélérée, en visionnant les 20 épisodes en un week-end ! Décortiquons ce drama phénomène qui a conquis toute l’Asie …
La première partie, soit les cinq premiers épisodes, est ma préférée, à la fois intense et hilarante : Kim Ju Woon, par son côté excessif, richard et sans gêne, rappelle indubitablement Dômyôji Tsukasa, et Gil Ra Im, par son côté effacé, son courage et son volontarisme, Makino Tsukushi du manga Hana Yori Dango ! Entre les deux, le clash est évident et on n’attend que ça !
Méfiez-vous des séances d'abdos !
Alors que la relation entre Tsukushi et Tsukasa évolue dans la plus grande pureté et chasteté, une certaine sensualité nait entre les deux personnages, de par des répliques ou des attitudes évocatrices ! Ju Woon n’a de cesse de voir Ra Im partout où il va. Mais cette attirance pure est exprimée de manière attendrissante et à la limite du harcèlement : Ju Woon crie à tue-tête que Ra Im est folle de lui, il trouve des excuses bidons basées sur des questions d’argent afin de culpabiliser la naïve Ra Im et de venir comme bon lui semble à l’école de cascadeurs. Toutes les raisons sont bonnes pour la connaitre, se rapprocher d’elle et la toucher. La séance d’abdo est restée graver dans les mémoires <3
On ne peut que comprendre Ra Im qui fuit un enquiquineur en survêtement bleu paillettes, et qui la poursuit jusqu’à son lieu de travail !
J'ai une soudaine passion pour les survêt' cousus mains !
! Attention spoil en vue !
Secret Garden est plus adulte et est donc plus abouti : Ju Woon a un poste à responsabilité qu’il gère avec brio, a déjà plusieurs conquêtes à son actif, poursuit Ra Im en ayant recourt à sa tête plutôt qu’à la violence, la voit comme une simple obsession passagère. Il lui propose même d’être la « Petite Sirène », qu’il surnomme la première maitresse du monde. Mais Ra Im le voit venir de loin, a conscience de leurs différences sociales et le repousse sans arrêt, s’investit sans difficulté dans le travail, n’a besoin que de sa bulle Oska et de son amie Ah Young pour être heureuse. Alors que Tsukushi tombe rapidement amoureuse de Tsukasa, Ra Im reste maîtresse d’elle-même et nous fait douter en montrant un visage hostile mais rationnel envers Ju Woon pendant une bonne partie du drama. Et même si Ju Woon est dingue de Ra Im, il n’en oublie pas son statut social et n’hésite pas à la rappeler à l’ordre, à la critiquer et à la blesser, renforçant le côté dur mais réaliste du personnage. Au début de la série, l’ennemi n’est pas l’entourage mais les personnages eux-mêmes, enfermés dans leurs préjugés dont ils auront beaucoup de mal à se débarrasser.
C’est là qu’intervient la liqueur fleurie que boivent Ju Woon et Ra Im et provoquant l’échange dans la deuxième partie (épisodes 6 à 13) : ils comprennent ce que l’un et l’autre vit, cassant un à un les préjugés … La vie solitaire de Ju Woon est due à sa richesse et sa position qui l’ont rendu méfiant, calculateur et constamment sur ses gardes. Ra Im s’excuse excessivement car elle n’est pas en position de prendre les gens de haut et sa pauvreté l’a rendue humble. Ju Woon ne vient pas souvent travailler et cache tant bien que mal une phobie. Et ainsi de suite … Ils retrouvent et reperdent la possession de leur corps et cette petite alternance transforment les liens entre Ju Woon et Ra Im comme leurs relations avec leur entourage. Comme le manga et drama Boku to Kanojo no XXX, il y a quelques scènes amusantes sur « comment ne pas mater le corps de l’autre » et comment ne pas faire de boulettes quand on est l’autre ! Ju Woon en profite surtout pour complimenter sa beaugossitude ou embrouiller l’esprit de ses rivaux ! Une mention spéciale pour les acteurs Hyun Bin et Ha Ji Won qui ont su très bien jouer alternativement leurs personnages, et même des versions plus jeunes et plus âgées ! Hyun Bin est hilarant en Ra Him répondant au téléphone !
Les histoires secondaires sont toutes aussi comiques, intéressantes et émouvantes à suivre : le passé douloureux d’Oska et Yoon Seul, les conflits au sein de la famille de Ju Woon, la lutte d’Oska pour être rester une star adulée, le timide Kim Sung Woo tentant d’impressionner la belle Ah Young, le Directeur et oncle par alliance Park Bong Ho cherchant à faire tomber Ju Woon de son poste de PDG, … Il se passe sans cesse quelque chose dans Secret Garden et chaque relation est détaillée et sympathique à suivre, sans qu’on se sente frustré de ne pas suivre l’histoire principale !
Je n’en dirais pas plus sur les dernières parties, qui rappellent dans les grandes lignes Hana Yori Dango et qui restent donc conventionnelles dans le déroulement. Ce qui était un peu dommage … avant qu’un évènement important impliquant l’échange vous fera sortir des paquets de kleenex T_T
Cependant ces parties sont intéressantes et émouvantes à visionner car le culot légendaire de Ju Woon et la volonté inébranlable de Ra Im vont être mis à mal … jusqu’où pourront-ils aller ? L’épilogue est aussi dans les annales du fan de K-drama, frustré par la fin bâclée d’Hana Yori Dango !
Malheureusement quelques points négatifs entachent un drama qui aurait pu atteindre la perfection …
D’abord la lenteur : on ne compte pas les longs travelings, les scènes de contemplation, les scènes réutilisées maintes fois ! Un montage plus dynamique nous aurait fait gagner 30% de temps de visionnage ! J’en connais une qui va voir cette série en accéléré … Le problème est que certaines scènes en deviendraient presque ridicules.
Ensuite la photographie et les prises de vue vers la fin du drama, qui laissent un peu à désirer ! On a l’impression que les personnages ne font quasiment que du face à face, l’ambiance est parfois trop tendue et l’émotion est moins bien transmise.
Enfin, l’OST qui est sympathique mais parfois mal employée, ajoutant du comique ou du larmoyant de manière superflue ou déplacée.
Mais Secret Garden en vaut la peine : ce drama explore magnifiquement des relations amoureuses quasi-fusionnelles à travers le prisme des contes de fées et d’un amour passionnel. A l’opposé de Coffee Prince adulte aux airs enfantins, Secret Garden est un drama où la magie et l’irrationalité font naitre des sentiments tout aussi réels.
Comment voir : le drama compte 20 épisodes d’1h. Depuis début décembre, la série en VOSTFR est diffusée tous les dimanches à 20h30, rediffusée les mardi suivant à 21h00 et samedi suivant à 11h00. Secret Garden ainsi que City Hunter sont visibles en streaming sur le site de GONG. Nous en sommes qu’au tout début, avant le premier échange.
Toujours pour les plus pressées, la série est disponible légalement sur le site DramaPassion et en coffret DVD VOSTA de Ya Entertainment chez PlanetAxel.
Your and my Secret / 僕と彼女の××× / Boku to Kanojo no XXX est un shôjo manga dessiné et scénarisé par Ai Morinaga de décembre 2000 à août 2011. Nous lui devons les délirantes séries Le fabuleux destin de Tarô Yamada et Le vilain petit canard, tous deux édités chez Tonkam, l’hilarant My lovely hockey club édité chez Pika. Cette série a été dessinée après la première et en parallèle avec la troisième.
Your and my secret a été prépublié dans le Monthly Comic Blade puis le Monthly Comic Avarus édités par Mag Garden, le 8ème et dernier tome étant sorti en octobre 2011. Heureusement pour les anglophiles, une version anglaise des tomes 1 à 7 est sortie chez Tokyopop, malheureusement le tome 8 ne sortirait pas suite à la fermeture de la branche américaine de l’éditeur.
Que cela ne vous empêche pas de découvrir cette série, qui est le summum des oeuvres de Morinaga !
L’histoire
Akira Uehara est un jeune lycéen plutôt mignon mais introverti et efféminé. Nanako Momoi est une lycéenne à la grâce et à la beauté ravageuses. Akira est fou amoureux de Nanako qui n’en a que faire, car sous ses dehors de belle camarade de classe, se cache un monstre d’égoïsme, de vulgarité et de violence !
Ils se retrouvent victime d’une expérience de Manzou, le non moins égocentrique grand-père de Nanako, et les esprits de Nanako et d’Akira changent de corps ! Akira, affolé et déboussolé, supporte mal la situation, Nanako accepte à 100% son nouveau corps et en profite pour faire les 400 coups !
En attendant que Momoi Manzou daigne réparer la machine, Nanako dans le corps d’Akira sort avec son ex-meilleure amie Shiina Makoto, tandis qu’Akira dans le corps de Nanako subit la cour assidue de Senbongi Shinnosuke, son ex-meilleur ami ! Car Akira en fille est d’une générosité et d’une féminité craquantes, Nanako en homme est d’une spontanéité et d’une virilité qui en fait fondre plus d’une !
Akira et Nanako vont-ils retrouver leurs corps respectifs ? Le souhaitent-ils vraiment ? Comment réagiraient leur amoureux Shiina et Senbongi ?
Les personnages
Uehara Akira
Pourtant beau et intelligent, Akira est un jeune homme tellement gentil, limite se laisse marcher sur les pieds, qu’aucune fille ne s’intéresse à lui et que les autres garçons s’apitoient sur son cas. Même sa petite soeur se moque de lui ! Son ami d’enfance Senbongi est son seul véritable ami. Prévenant, se débrouillant en cuisine et en couture, il s’apparente à un Otomen qui s’ignore. Il est très amoureux de Nanako qui daigne à peine poser un regard sur lui et parfois se paye royalement sa tête !
Mais le destin lui joue des tours : la machine du grand-père de Nanako échange leurs personnalités et il se retrouve dans le corps de sa bien-aimée. L’esprit d’Akira est totalement raccord avec le corps de Nanako. Après l’échange, Akira en fille a énormément de succès auprès des garçons, même auprès de son meilleur ami Senbongi ! Akira aura du mal à accepter cet état de fait et devra prendre son mal en patience, le temps que Manzou répare la machine. Cependant, Akira acceptera petit à petit sa nouvelle vie et les opportunités que lui offre son nouveau corps.
Momoi Nanako
D’apparence douce, gentille et féminine, Nanako est une vraie brute épaisse, capable de violence ou de coups bas pour obtenir ce qu’elle veut (même pour un pain fourré …). Elle est très égoïste et est d’une franchise désarmante. Souvent vulgaire dans les paroles (oreeeee, temeeeee !) et dans les gestes (le doigt dans le nez …). Ses mensurations sont parfaites et beaucoup étaient attirés par elle avant de déchanter devant tant de mauvais caractère … Elle a pour seule amie Shiina, qui l’avait abordée par gentillesse pour finalement rester à ses côtés.
Après l’échange, Nanako est à 100% raccord avec le corps d’Akira et son succès auprès des filles la conforte : elle n’hésite pas à faire de la musculation, à draguer (voire coucher !) avec des femmes plus âgées, à se battre pour défendre sa soeur, … Celle-ci tombe carrément amoureuse de lui, surprise par tant de virilité ! Contrairement à Akira, Nanako ne veut surtout pas retrouver son corps, surtout depuis qu’elle sort avec son ancienne meilleure amie Shiina …
Shiina Makoto
La douce et innocente Shiina est une camarade de classe, la meilleure (et seule amie) de Nanako. Elle est si féminine que Nanako s’était dit qu’elle sortirait avec elle si elle-même était un garçon ! Ce qu’elle ne s’est pas privée de faire par la suite … Même Akira en fille ne reste pas insensible à son charme.
Prévenante et un peu trop gentille, Shiina offre un contraste saisissant avec Nanako à ses côtés et s’apparente à un Akira née fille. Cependant elle diffère de lui car moins timide, plus entreprenante, Shiina ose dire ce qu’elle pense, tout en sachant tenir sa langue en certaines occasions. Ce qui explique peut-être la préférence de Nanako pour elle plutôt que pour Akira. Shiina ne se doute de rien concernant l’échange d’esprits entre Akira et Nanako.
Elle sort avec Nanako en garçon et espère toujours aller plus loin dans leur relation, ce qui n’est pas du goût de Akira.
Senbongi Shinnosuke
C’est le meilleur ami d’Akira, intelligent, beau gosse, la coqueluche des filles de sa classe. Il a cependant vécu une expérience traumatisante qui l’a dégoûté de la gente féminine pour un temps. Il n’était pas du tout intéressé par Nanako avant que l’esprit d’Akira ne s’y glisse … Il est soudainement attiré par tant de timidité et de féminité et devient par la suite extrêmement entreprenant envers Akira en fille ! Il découvre assez rapidement le secret d’Akira et de Nanako, et loin d’être dégoûté, il est d’autant plus déterminé de conquérir Akira. Pour lui Nanako avec l’esprit d’Akira est la femme parfaite : la beauté et le kawaï de Nanako, la douceur et la gentillesse d’Akira, sans arrière-pensée ni mesquinerie féminine.
Mais ne nous trompons pas, nous ne sommes pas dans un boys’ love : Senbongi n’a aucune attirance pour Akira en garçon, il ne s’imagine même pas faire quoi que ce soit si Akira retrouvait son corps. C’est ce qui est attendrissant : il aime éperdument Nanako avec l’esprit d’Akira et fait tout pour que cette situation ne change pas, au grand dam de ce dernier.
Momoi Manzou
Le grand-père paternel de Nanako, celle-ci est son portrait craché : capricieux, vulgaire, égocentrique, obsédé, négligé, sans scrupule, … bref tous les défauts du monde ! C’est un génial chercheur à la retraite qui passe son temps à inventer des machines loufoques aux effets incertains ! Il n’hésite pas à les expérimenter sur sa famille et notamment sur Nanako !
Akira devra composer avec lui s’il veut retrouver son corps, ce qui ne sera pas une mince affaire vu les caprices, le caractère versatile et l’absence totale de responsabilité de celui-ci.
Bien entendu d’autres personnages participent à l’histoire : la famille Uehara bien contente d’avoir un Akira plus virile et la famille Momoi tout aussi ravie d’avoir une fille enfin bonne à marier !
Les ingrédients d’un shôjo rafraîchissant
Lorsque la Science se mêle à un shôjo de Morinaga, cela donne un vent de nouveauté sur les quiproquos, comiques de situation et ingrédients types du shôjo ! Les connaisseurs savent que Morinaga ne reste jamais sur ses acquis (graphisme et humour potache) et va toujours plus loin dans le déroulement de l’histoire comme dans l’évolution des personnages. Je diviserais la série en 3 parties : la première partie ou la découverte, la deuxième partie ou la complexification des sentiments, la troisième partie ou la décision.
I/ L’échange : avantages, inconvénients et situations loufoques !
La première partie du manga dérive dans les situations loufoques et les quiproquos, en total contraste avec le désespoir d’Akira. On se demande si l’auteur savait exactement où elle allait, mais elle a doucement fait évoluer l’opinion d’Akira. Le récit est d’ailleurs raconté de son point de vue. Voici une liste non exhaustive de ce qui se passe dans cette série :
les notes : changement de personnalité = changement de niveaux scolaires, malheureusement pour lui, Nanako est un cancre et les notes d’Akira sont en chute libre !
amour impossible : Akira a beau être amoureux de Nanako et Nanako propice à sauter sur tout ce qui porte une jupe, ils ne peuvent pas être physiquement amoureux de leurs propres corps !
la perte de contrôle : Nanako utilise le corps d’Akira de manière peu scrupuleuse, Akira ne peut et n’ose pas le faire.
les différences de perception et de traitement : un homme qui s’excuse est faible, on pardonne plus facilement à une fille, etc …
Les personnages prennent régulièrement leurs nouvelles hormones pour excuses de leurs penchants, mais est-ce vraiment la seule raison ?
II/ La science au service de l’amour transgenre
Plus on avance dans l’histoire, plus elle se complexifie … Pas tant que cela, en fait le carré amoureux est bien pensé et renouvelle le genre. En fait les personnages tout en restant typiques et classiques des shôjos, sont dépoussiérés et remis au goût du jour :
Version classique
Version Morinaga
Akira en Nanako est douce et attentionnée, se pose mille questions, repousse les avances de Senbongi, … Dans un shôjo classique, Akira serait un personnage plein de poncifs, une vraie tête à claque !
MAIS sa situation fait que le lecteur compatit et l’encourage. Loin d’être lourd, Akira doit se battre quotidiennement dans un univers si loufoque et hostile. Finalement on l’adore tourmenté !
Nanako en Akira aurait été un personnage viril que toute lectrice maso adorerait et que les autres éviteraient avec soin … Sportif mais vulgaire, amoureux mais infidèle, protecteur mais violent, …
MAIS le fait que l’esprit d’une jeune fille l’habite et surtout qu’elle soit l’amie de Shiina lui donne des attentions toutes particulières, qui rendent le personnage amoureux crédible et tout bonnement craquant !
Shiina a tout de la bonne copine, mignonne et féminine, très naïve au point d’avoir l’air cruche, et qui ne fait de l’ombre à personne.
MAIS sa gentillesse en fait l’amie et l’alliée de tous, même du lecteur ! On ne peut que sympathiser et non la prendre en pitié pour son ignorance concernant l’échange, on aurait même de la peine si elle savait et que Nanako retrouvait son corps.
Senbongi a tout du beau gosse : beau, gentleman, intelligent ! Il a du succès et est quasiment parfait, hormis son côté entreprenant, comme tout adolescent mâle qui se respecte. Un perso parfait tout en étant réaliste, trop parfait même …
MAIS Senbongi cumule le rôle de l’éternel second, car maintes fois repoussé par Akira en Nanako. Son amour débordant pour Akira en Nanako occasionne des passages hilarants ! Pour lui par contre, on a pitié mais on l’encourage tout de même !
Les choses doivent rentrer dans l’ordre : Akira et Nanako doivent retrouver leurs corps respectifs, s’expliquer avec leurs amoureux, Nanako se faire une raison, etc …
MAIS on ne peut s’empêcher de vouloir le contraire ! Finalement seul Akira se remet en question et trouve la situation inconfortable … Ils sont tellement en osmose avec leurs corps de destination : Akira dont la gentillesse le rendait niais et Nanako dont la brutalité la faisait paraitre sauvage, une fois le transfert effectué, Akira en Nanako devient une vraie Yamato Nadeshiko et Nanako en Akira devient un preux chevalier ! On en redemande !
La lectrice rompue à la lecture de shôjo peut enfin craquer pour les codes classiques tout en ne s’ennuyant pas une seconde ! Il y a la belle héroïne, la bonne copine, le voyou, le beau gosse.
Ils sont parfaits ? Pas vraiment leurs vraies personnalités.
Leurs relations parfaites ? Notre coeur balance pour la situation initiale ou la nouvelle.
Nous avons soudainement envie d’encourager des personnages qui nous auraient énervé tellement ils sont vus et revus. L’évolution de leurs amours et amitiés est à la fois rationnelle, scientifique mais se tient au coup de coeur physique-caractère. Cela apporte une certaine fragilité des sentiments et des relations, perpétuellement mis en péril par les doutes d’Akira. Et une touche de réalisme alors que l’origine de tout cela est la machine à échanger les esprits d’un professeur fou !
Un mot sur le dessin : comme de vrais comédiens, l’auteur a su insuffler de vrais mimiques purement masculines ou féminines !
III/ Assumer sa personnalité et ses goûts en dépit du bon sens ?
Attention cette partie va légèrement spoiler ! Rendez-vous sur la partie Drama si vous ne souhaitez pas lire la suite !
Ce manga souligne les trois aspects d’une histoire d’amour : l’attirance, la complicité et les souvenirs partagés. L’échange d’esprits donne une pureté à la mise en situation de ces aspects tout en montrant combien ils peuvent être aléatoires et dépendant de la réalité.
Morinaga prend les choses à l’envers : d’abord les souvenirs communs sont le fruit d’une amitié entre filles ou entre amis d’enfance. S’en suit alors une complicité qui perdure malgré l’échange des esprits, et ce d’autant que chaque couple est au final du même sexe dans leurs esprits. Enfin l’attirance est quasi immédiate au début sur le plan physique, mais est réellement acceptée lorsque celle-ci perdure malgré un retournement de situation. L’attirance n’est pas seulement physique mais spirituelle, apportant cette touche de pureté aux plus belles histoires d’amour.
Pourtant l’auteur n’omet pas l’impact de la réalité : Shiina voit Nanako que comme meilleure amie et Senbongi n’est pas homosexuel. Une histoire d’amour nait de paramètres aléatoires et d’une alchimie particulière. Malgré un pitch basé sur l’improbable et le contradictoire, Morinaga parvient à souligner la force et la fragilité que peut revêtir l’amour.
Le Drama
Cast
Takahashi Mai : Momoi Nanako
Shioya Shun : Uehara Akira
Suzuki Akie : Shiina Makoto
Sato Masahiro : Momoi Manzou
Résumé
Uehara Akira est amoureux de la belle Momoi Nanako, mais le caractère violent et intimidant de celle-ci l’empêche de se déclarer. Suite à une expérimentation du grand-père Momoi, leurs esprits se retrouvent échangés ! C’est l’occasion pour Akira de se rapprocher de Nanako et de mieux la connaitre.
Avis
Le drama couvre les trois premiers tomes, jusqu’au voyage à Ôkinawa. Autant dire qu’il ne se passe pas grand chose ! Malheureusement les personnages évoluent très peu, Shiina a l’air cruche et Senbongi un obsédé de première. Le drama est quand-même amusant avec les petites anecdotes, mais c’est surtout le jeu assez bluffant des acteurs principaux qui retient notre attention, du même niveau que Ha Ji Won/Hyun Bin de Secret Garden.
Le drama datant de 2006, il n’y a pas de réelle fin, une évolution est supposée, à la manière d’une fin ouverte.
Pour conclure …
Boku to Kanojo no XXX est une des meilleures séries d’Ai Morinaga ! Nous sommes un brin bouleversées par ces persos qui s’aiment au-delà du genre. Le thème du travestissement est utilisé intelligemment et permet à l’auteur d’explorer les différentes facettes de l’amour et de l’amitié. Un concentré de comique de situation, d’amours contrariés, de questionnement sur la limite entre l’égoïsme et l’amitié. Espérons que Tokyopop pourra sortir le dernier tome ou mieux une édition française !
Bonne année 2012 à tous les fans du Japon et de Corée du Sud ! J’espère qu’elle ne marquera pas la fin du monde mais l’essor culturel de l’Asie à travers le monde ! (et ne me parlez pas de corrélation >-(
J’ai profité de mes courtes vacances d’hiver pour me remettre un peu à jour niveau K-drama, voici deux perles à ne rater sous aucun prétexte : The 1rst shop of Coffee Prince et Secret Garden.
Pour les fans d’Hana Kimi et d’Hana Yori Dango qui sont passées à autre chose, ces deux dramas vont d’une certaine manière renouveler notre intérêt pour le genre « je t’aime, moi non plus » et le contraste riche-pauvre !
The 1rst shop of Coffee Prince (2007)
Résumé : Ko Eun Chan est une jeune femme très masculine mais très active, qui n’hésite pas à cumuler les petits boulots divers pour prendre soin de sa mère et de sa jeune sœur.
Choi Han Gyul, est un jeune homme issu d’une riche famille, désintéressé des affaires familiales, et qui ne fait que paresser toute la journée.
Suite à un incident, Han Gyul fait la connaissance de la pauvre Eun Chan. Sa famille le contraignant à des rendez-vous arrangés, Han Gyul décide d’engager Eun Chan comme faux « amant » pour dissuader toutes les prétendantes. Agacée, la grand-mère de Han Gyul lui propose un défi : tripler le chiffre d’affaires du café d’un vieil ami en trois mois, en échange de quoi elle lui laisse son appartement, sa voiture, voire repartir à New York au bout des trois mois.
De gauche à droite : Han Gyul, M. Hong, Eun Chan, Ha Rim, Sun-Ki et Min Yeop.
Assisté de M. Hong, barista et co-propriétaire du café, Han Gyul se constitue une équipe de « princes » pour donner une nouvelle image au « Coffee Prince » : l’ami d’enfance et comique de service Ha Rim, le préposé aux gaufres et silencieux Sun-Ki, l’idiot à la force herculéenne Min Yeop et le dynamique et pétillant Eun Chan.
Autour d’eux gravitent de nombreux personnages : le cousin Han Sung, sa petite amie indécise Yoo Joo dont Han Gyul est amoureux, les chaleureuses mais pas très utiles mère et soeur d’Eun Chan, leurs voisins et bien sûr la famille de Han Gyul qui lui cacheront bien des secrets …
En détail : le scénario est basé sur un manhwa de Lee Sun Mi, qui offre sont lot d’amour, d’émotions, de rebondissements, sans se répéter ni lasser le téléspectateur. Le drama se compose en deux parties : la première avant la découverte du secret de Eun Chan, la partie comique et préférée des fans ; la seconde après la découverte, beaucoup plus grave voire larmoyante, mais offrant une fin plus enjouée.
De gauche à droite : Han Sung, Yoo Joo, Eun Chan et Han Gyul.
La première partie nous présente les personnages de manière tantôt grave, tantôt humoristique et rafraichissante, construisant en filigrane les bases de la relation Han Sung/Yoo Joo basée sur le ressentiment, et de la relation Eun Chan/Han Gyul basée sur le mensonge. Han Gyul, qui finit par abandonner l’idée de conquérir la belle Yoo Joo, est peu à peu charmé, attiré, troublé par la candeur, la force et la volonté de Eun Chan. Il se refuse pourtant de l’aimer car il n’est pas homosexuel. Eun Chan ne veut pas perdre son travail et surtout la relation privilégiée qu’elle entretient avec ses collègues, particulièrement son patron Han Gyul, et n’ose rien lui dire. Les épisodes 7 à 9 sont d’anthologie, entre le serments des frères de sang, les séquences à la plage, … qui nous dépeint un amour d’une pureté rarement vue. On plane, on est en apesanteur avant de chuter brutalement sur la seconde partie, où le secret d’Eun Chan est révélé et où tout bascule ! Mais beaucoup d’autres intrigues, notamment le carré amoureux avec Han Sung et Yoo Joo, seront développées, et d’autres secrets seront aussi dévoilés, notamment autour des parents de Han Gyul.
Beaucoup plus adulte, ce drama à l’ambiance légère et enfantine questionne régulièrement ses protagonistes sur leurs avenirs professionnels et laisse entrevoir le monde de l’entrepreneuriat. On est loin d’un HanaKimi ou un HanDan qui se focalisent plus sur les tracas de l’amour que sur les amours passionnels et les aspirations professionnelles. Ils se rejoignent juste sur quelques thèmes : l’homosexualité rejetée, la confrontation de deux êtres bornés, les problèmes de différences sociales.
Han Gyul et Eun Chan forment un duo hilarant et un couple attendrissant.
Mon avis : j’ai été prise de court, bluffée par ce drama sans prétention mais qui est une réussite indéniable et qui est un must-see de tout fan de drama qui se respecte. The First Shop of Coffee Prince est comme un condensé de ce que peut offrir l’amour avec un grand A : la passion, la trahison, l’amitié, la haine, le rejet, le mépris, la sensualité, le pardon, la complicité, … Toutes les formes, tous les tenants et aboutissants, sont abordés, développés et superposés de manière si naturelles et spontanées, que l’on boit ce drama comme de l’eau dont on ne se sent jamais rassasié !
Tout dans ce drama est une réussite : entre la réalisation toute en finesse et en sincérité dans les détails (à la ISWAK), les lieux de tournages magnifiques et les vêtements classes sans être kitsch, une OST à la fois pétillante, planante et mélancolique, des acteurs merveilleux (mention spéciale à Yoon Eun Hye et Gong Yoo).
Ce drama est une pépite d’émotions à l’état pure, à visionner d’urgence !
Comment voir : la série compte 17 épisodes d’1h. Elle est en cours de diffusion sur KZTV en VOSTFR tous les samedis à 20h50, je suis tombée dessus aussi le samedi vers 15h. Diffusée depuis la fin octobre, nous devons en être déjà aux épisodes les plus critiques !
Pour les plus pressées, la série est disponible légalement sur le site DramaPassion et est surtout disponible en coffret DVD depuis novembre 2011 (entre 40€ et 50€).
Sur le blog de Saisei, vous trouverez de très intéressantes expérimentations sur les lines colorées, ou comment trouver une alternative au basique encre de chine noire !
Ainsi que des remarques générales sur l’encrage, celui-ci devenant crucial lorsqu’on se lance dans la BD type noir et blanc manga.
A peine je me remets de l’annonce des concerts de JYJ , que je tombe sur l’annonce des concerts Music Bank K-Pop Festival
Et les Dieux m’ont écouté, le show de la KBS se passera à Paris les mercredi 8 et jeudi 9 février 2012 !
Les billets ne sont pas donnés, de 70€ à 100€, mais vous en aurez pour votre argent avec la venue des SHINee, SISTAR, B2AST, 4MINUTE, T-ARA, … Les billets seront en vente le mardi 25 octobre dès 10h, une date à ne manquer sous aucun prétexte !
Plus d’informations sur le site de Soompi. Vous y trouverez la liste des billetteries participantes, dont Tickenet.
[edit 25/10/2011] : J’ai mes billets !!! A la Fnac, ils sont tous partis en moins d’1h30 …
Réservés aux fans les plus motivées et les plus riches : place fosse + hôtel + billet d’avion + dépenses fangirl = 300€ à 500€ ! A quand un concert en France ?!
C’est en tant que No-Xicienne que j’ai participé à cette nouvelle édition du Paris Manga. Que retenir hormis la canicule ambiante et les jambes en compote ?
Comme c’était mon premier Paris Manga en tant qu’exposant, je ne ferai pas de comparaison entre éditions. Par rapport au Japan Expo, c’est aussi consumériste et noir de monde sur les stands boutiques. Ce PM était une version plus modeste du JE : pas de stands éditeurs, pas de comics, surfaces plus petites. Mais une bonne ambiance y régnait, nous croisions pas mal de familles, de cosplayeurs chevronnés et les animations étaient diversifiées et fédératrices (concours, jeux, karaoké, concerts amateurs, …). La K-Pop a pu se faire une place grâce aux concerts amateurs : des jeunes interprétaient des chansons de J-Pop, K-Pop (B2AST, 2NE1, …) ou Anime Song, les prestations étaient bonnes et la foule en délire jouait le jeu. Les fans de productions U.S. n’étaient pas déçus non plus avec la présence de Mickaël Shanks (Stargate), Anthony Daniels (6PO) et un beau stand dédié à Star Wars.
Et pour le plaisir des yeux, quelques cosplays …
Jin et Fû de Samourai Champloo
Ciel Phantomhive et Sebastian Michaelis version bal
Gauche Suede de Letter Be
Un Hikari Gendô très réussi !
Raito de Death Note
Pose dédicace avec Hong Ki-Woo
Niveau stands amateurs, je n’ai pas eu le temps de faire un tour et ayant déjà pas mal dépensé au Japan Expo, je me suis retenue pour la prochaine édition du Paris Manga en février 2011. J’ai plutôt fait quelques tours du côté de la scène, de la machine PeriKura, du stand Bubble Fever (mmmmh Bubble Tea au lychee) et fait la queue pour une dédicace de Hong Ki-Woo, le dessinateur de l’excellent manhwa The Swordsman édité chez Booken. C’est rare qu’un aussi bon auteur soit accessible !
Un Paris Manga bien sympathique quand on est bien accompagné ! Une bonne convention donc, même si deux PM par an et sur les mêmes principes est un peu excessif.
Bientôt les vacances, et donc plus de temps pour visionner des dessins animés ! Je me suis récemment mise à Glass no Kamen (le Masque de Glace), alias Laura ou la passion du théâtre. Je vous ferai un bref résumé du manga et une brève analyse des personnages principaux, avant de vous faire un comparatif amusant des deux versions animées, 1984 le vintage et 2005 la reliftée ! Attention spoils inside !
Le support d’origine
Glass no Kamen est un shôjo manga de Suzue Miuchi dépassant les 46 tomes et vendu à plus de 50 millions d’exemplaires au Japon. Il est prépublié dans le Hana to Yume depuis 1976 et n’est pas terminé à ce jour, l’auteur ayant fait une pause à la fin des années 90 suite à la fréquentation d’une secte, par la suite afin trouver une fin satisfaisante à son œuvre. Elle a repris son manga depuis 2008 pour la plus grande joie des fans de tout âge et a annoncé la fin au tome 50 + 2, le tome 47 sortant en juillet 2011. Il n’y a pas encore de publication française du manga, mais la fin annoncée donnera peut-être des idées à certains, peut-être les Editions Tonkam qui ont connu un succès inespéré avec Aishite Night / Embrasse-moi Lucile de Kaoru Tada (et Itazura na Kiss ?!). Le manga est cependant publié en Italie chez Star Comics, sous le titre Il grande sognio di Maya.
A noter qu’il existe deux versions animées, 1984 et 2005, une version drama datant de 1997 à 1999 et une version OAV datant de 1998.
Le masque de glace et la fille au millier de masques
L’histoire conte les mésaventures de Kitajima Maya, une jeune adolescente de 13 ans encore au collège et aidant sa mère dans un restaurant de ramen. Celle-ci se désole et ne cesse de lui répéter qu’elle n’est qu’une bonne à rien, tête en l’air, maladroite, pas très belle et peu brillante … Mais Maya adore le théâtre, les dramas, le cinéma, elle aime rejouer ses scènes préférées devant des enfants pour leur plus grand plaisir.
Elle croise un jour une mystérieuse femme qui n’est autre que Tsukikage Chigusa, une actrice célèbre et qui s’est faite oublier. A sa demande, Maya rejoue la pièce La Dame aux Camélias, qu’elle n’avait vu qu’une seule fois, et qui durait plus de 2h30 ! Elle impressionnera ainsi le metteur en scène Onodera et surtout Hayami Masumi, le directeur de l’agence Daito Entertainment, venus voir Tsukikage. Hayami espère récupérer par l’usure les droits de la pièce de théâtre Kurenai Tenyô (la Nymphe Écarlate), un immense succès qui n’a pas été rejoué depuis l’accident de Tsukikage et dont celle-ci détient les droits exclusifs. Malheureusement pour eux, elle a trouvé en Maya la fille au millier de masques (sen no kamen o motsu shôjo) et décide de monter sa troupe afin de la former elle-même pour le rôle de la Nymphe. Maya s’enfuit de chez sa mère et décide de se donner corps et âme à sa passion : le théâtre. Mais la passion ne suffit pas pour survivre dans le monde du divertissement …
Malgré sa gentillesse et ses efforts, elle devra faire face à la jalousie et à la méchanceté des autres acteurs, et ne pas faire tomber son masque de glace, le fragile masque du personnage. Elle deviendra la rivale de son idole, star montante du théâtre et du cinéma, Himekawa Ayumi, et sera encouragée par un bienfaiteur anonyme, l’homme aux roses pourpres (murasaki bara no hito). Bien des aventures attendent notre belle Maya, dont l’objectif est de devenir l’interprète de la Nymphe Écarlate.
Petite analyse de l’histoire
L’histoire s’articule en 3 axes :
L’évolution de Maya : la petite fille ayant peu de confiance se révèle être une actrice douée, et fait évoluer son talent comme elle apprend à gérer les amitiés et inimitiés,
Ses confrontations avec Ayumi : une rivale cultivant son talent depuis ses 5 ans, belle, classe, aimée et admirée de tous, le chouchou du public et des grands professionnels,
Ses histoires sentimentales : beaucoup l’aimeront mais peu parviendront réellement à faire vibrer son cœur, exception faite de son admirateur secret.
Glass no Kamen ressemble beaucoup à Skip Beat! de Nakamura Yoshiki (en français chez Sakka). Enfin plutôt l’inverse … Nous avons la fille gentille qui se lance dans le showbiz, les ennemis à foison, le mentor discret et amoureux, … La principale différence étant quand même les motivations de nos héroïnes : Maya est avide de théâtre et néglige sa vie sentimentale, Kyoko jette en l’air des années de dévotion pour son amoureux et veut le concurrencer dans le monde du showbiz. Seule la naïveté les rapproche.
Petite analyse des protagonistes
Glass no Kamen est surtout un manga passionnel, un shôjo nekketsu : Kitajima Maya met toute son énergie et son âme dans le théâtre, apprend avec conviction, se laisse tellement envahir par son amour qu’elle en tombe malade, se néglige et éconduit ses soupirants malgré elle. Cette passion est un feu qui en aveugle plus d’un, brûle ceux qui s’en approche trop ! La lectrice est comme emportée par sa passion dévorante, ses découvertes, ses intuitions, à chaque confrontation et à chaque pièce.
Nous faisons aussi la connaissance de sa totale opposée : Himekawa Ayumi est une jeune fille forte, intelligente, cultivée, qui mène sa carrière d’actrice d’une main de fer, une vraie Chiaki sempai au féminin ! Elle n’a de cesse de travailler, afin de prouver que sa réussite n’est pas due à celle de ses parents actrice et réalisateur. Ayumi trouve cependant en Maya une ennemie de taille, une actrice de génie qui n’a de cesse de la surprendre.
Maya vit des désillusions amoureuses mais est entourée d’amis fidèles. Les amis d’Ayumi ne sont en fait que des collègues de travail, c’est un personnage à la fois aimé de tous et atrocement seul, il n’y a que sa famille qu’elle aime vraiment. Deux portraits de femme s’opposent : la débrouillarde mais obstinée Maya, la femme parfaite mais jalouse Ayumi. Une seule chose les unie : leur passion dévorante pour le théâtre. Cette passion les poussera l’une vers l’autre et fera naitre une rivalité/amitié, un grand respect et une sorte de loyauté, propres au nekketsu.
Dans l’ombre, se cache l’homme aux roses pourpres, le tout premier fan qui l’encourage à chaque nouveau défi. La version japonaise ne permet pas de savoir si c’est un homme ou une femme, Maya sait juste que c’est un fan très fidèle et elle le considère tout d’abord comme un ami et un bienfaiteur.
Nous comprenons assez rapidement que ce fan n’est autre que Hayami Masumi, dont l’ambition, la recherche du profit et sa persécution (quasi-quotidienne) de Tsukikage l’opposent dès le début à Maya. La jeunesse et la naïveté de Maya le font tout d’abord sourire, puis le génie et la passion débordante de Maya l’intriguent et le troublent. En tant que Masumi, il la met en colère pour la pousser dans ses derniers retranchements, en tant qu’homme aux roses pourpres, il lui donne les moyens de réussir, pour voir jusqu’où elle peut aller. Cet homme d’affaires sans scrupule devient lui aussi « passionné » par la passion de Maya … Progressivement il tombe amoureux d’elle, ne pouvant s’empêcher de la suivre et de l’aider, ne pouvant se passer de la passion qu’elle fait naitre en lui, et finalement à s’intéresser à ce qu’il produit.
Le personnage de Hayami Masumi sort des sentiers battus car il est un brin schizophrène, en fonction des points de vue : Masumi est considéré comme cruel par Maya, alors qu’il l’aime vraiment, l’homme aux roses pourpres est considéré comme un fan affectueux par elle, alors qu’il l’aide plus objectivement dans sa carrière. Et masochiste aussi : quand elle se rapproche de lui, il ne veut pas la blesser et tente de l’oublier ! Un personnage viril et romantique, mystérieux, complexe et bien retors …
Enfin, Tsukikage Chigusa est le mentor de Maya, son professeur, sa mère spirituelle, voire son gourou ! Elle a une influence considérable sur le jeu de Maya, son exploration du théâtre et des œuvres, même sa vie sentimentale. La version 2005 permet d’en savoir plus sur sa vie passée et son obsession pour la Nymphe écarlate. Elle sert de fil conducteur sur le fond de l’histoire, bouscule les protagonistes et tente de hisser les deux actrices au plus haut sommet de leur art. Mais de par son apparence comme sa présence, malgré sa rigueur et son énergie, elle demeure éteinte, endormie, telle un fantôme : d’abord l’ombre d’elle-même, peu présente et effacée, son amour pour la Nymphe Ecarlate lui donne une image passionnelle à la limite de la folie. Je trouve que c’est le personnage-acteur le plus réussi, car il maîtrise parfaitement sa présence dans l’anime, apparaissant et disparaissant à sa guise.
Plus loin dans la version 2005, Tsukikage a d’abord un poids considérable dans l’intrigue, mais par la suite, sa présence s’efface au fil de l’histoire pour laisser plus de place à une Maya plus adulte, plus mature et autonome.
Mais revenons à ce qui nous intéresse (hontô ni ?!), le comparatif des deux versions animées !
1984, mmmh une bonne cuvée !
Non je ne vais pas vous parler des Gouttes de Dieu, mais de la version 1984 de Glass no Kamen, réalisée par le studio Eiken, à qui nous devons l’anime Sazae San. Je me suis jetée sur la belle édition de Déclic Images, toute en dorures et en embossages, sortie en mai 2011. Nous avons surtout droit à la version originale sous-titrée, et quelle version !
Voici les deux points forts de cette version !
Premièrement, le doublage exceptionnel : Katsuki Masako campe une Maya pleine de vie et de nuance, sa voix sait être rafraichissante, mignonne, autoritaire, douloureuse, bref elle a su insuffler de la vie au personnage et livrer un réel travail artistique. Rien à voir avec la version française ! Dorothée Jemma, à qui l’on doit Jenifer Aniston et quelques persos dans Ranma 1/2, est une bonne doubleuse mais son interprétation de Laura est si fade et si molle, qu’on se demande bien où est la passion de Laura … A noter que la doubleuse japonaise est toujours en activité, nous lui devons les doublages de Sailor Neptune, Reccoa Londe dans Zeta Gundam, Tsunade dans Naruto et même Himekawa Utako dans la version 2005 !
En version japonaise, les dialogues sont bien meilleurs et moins infantilisant. Par exemple en VF, Sidonie met en garde une troupe concurrente que Laura a attiré l’attention d’une célèbre metteur en scène. Dans la VO, Ayumi détaille en disant que Maya est qualifiée de Butai arashi (ou fléau de la scène), une actrice qui attire trop l’attention du public et met en péril le jeu des autres acteurs avec qui elle joue, détruisant l’équilibre de la pièce. Maya est donc une actrice dangereusement talentueuse. Une bonne partie du dialogue a été simplifiée … en bref l’intrigue est bien meilleure en vostfr !
Deuxièmement, l’émotion à l’état pure : le dessin comme la musique soulignent exagérément mais brillamment la passion de Maya ! Le réalisateur n’est autre que Sugî Gisaburô, ayant oeuvré sur Touch (Théo ou la batte de la victoire), Hiatari ryokô (Une vie nouvelle) et Ginga Tetsudo no Yoru (encensé par la critique mais inédit en France). Les réalisateurs de années 80, en tête de file Osamu Dezaki, étaient très forts pour le drame sous forme de nekketsu émotionnel : Saint Seiya, Versailles no Bara, Cobra, … tous ces animes datent d’une époque où chaque scène dramatique était soulignée, appuyée, difficile, mais sublimée.
Version 1984
Il y avait beaucoup d’effets artistiques de surprise, de choc ou le coup du projecteur ou de lumière en contre-jour, typique de l’époque ! Les cadrages étaient plus serrés, les visages plus expressifs malgré les traits parfois approximatifs, les musiques déchirantes au possible. La réalisation met en avant la richesse de cœur et de talent de Maya, notamment lors de ses répétitions : lorsqu’elle joue Beth malade dans les Quatre du Dr March, seule dans Gina et les cinq pots bleus, une blessée simple passante dans un hôpital, la triple handicapée Helen Keller de Miracle en Alabama, … Maya s’épuise, enrage, pleure, vit de toutes ses forces ! On est scotché devant la beauté de ces scènes, touché par la générosité de Maya, soufflé par l’énergie qu’elle déploie à chaque réplique …
Concernant la musique, nous la devons à Ôtani Kazuo qui avait œuvré sur Cat’s Eye. Beaucoup de thèmes, joués avec alternativement par de vrais instruments ou du synthé. Ils arrivent à combler les séquences traveling lourdingues et apportent très justement du rythme ou de l’émotion.
L’opening a été réalisé par Araki Shingo, étrange mais sympathique.
Mais soyons réalistes et critiques, notamment sur les dessins : le design a vieilli, certaines scènes à la limite du supportable, l’image floue au possible, l’animation légèrement bancale, … Une fois passés les premiers épisodes, on finit par s’y habituer. Enfin reste quelques scènes limites intemporellement ridicules … La scène de la première rencontre avec Sakurakôji (kuuun) et Hayami Masumi est d’anthologie, du style très virile devenant vite ridicule et absurde !
Passons maintenant à la version 2005 !
2005, mettez vos lunettes, on s’en prend plein les mirettes !
Et voici les trois points forts de cette version !
Relifting complet !
Premièrement, un chara design et une animation travaillée : que dire pour commencer que la version 2005 est graphiquement magnifique ! Les personnages ont été remis au goût du jour, le chara design s’est arrondi tout en gardant son petit côté rétro.
Certains personnages ressemblaient à d’autres contemporains de l’époque : Rei ressemblait à Oscar François de Jarjayes de Versailles no Bara et Sayaka à Artella de Toward Terra …
Exit les bouclettes à la Marie-Antoinette ou à la Oscar sama, tous ont des cheveux raides, ce qui est plus réaliste pour des japonais. Un peu trop, Ayumi en est presque méconnaissable … Pour homogénéiser le tout, une Maya aux cheveux plus raides auraient été pas mal !
La série est assez homogène et globalement bien animée. Mais certains épisodes animés frôlent la perfection, d’une fluidité et d’une beauté à couper le souffle ! La mise en scène est soignée sans être extrêmement originale, mais la qualité de l’animation permet de beaux effets, comme pour la Première des Hauts du Hurlevant avec Maya dans le rôle de Catherine jeune (cheveux dans le vents, travelling autour d’elle et Heatcliff, …). Un bémol pour la gestuelle, beaucoup moins expressive, « théâtrale », que la version de 1984, et que nous verrons plus bas.
Deuxièmement, le respect de l’histoire originale : la version de 1984 fait l’impasse sur quelques parties du manga, par exemple le rôle de la folle du village Bibi, alors que c’est ce rôle qui la pousse à suivre Tsukikage et à s’éloigner de sa mère. Et surtout la version 2005 couvre une trentaine de volumes, alors que la version de 1984 n’a pu aller jusqu’au tome 13. Cela n’a pas empêché les scénaristes de se permettre quelques ajouts, pour notre plus grand bonheur, je pense au magnifique épisode 29 lors de la descente aux enfers de Maya … Les intrigues amoureuses sont mises à l’honneur, plus développées alors que la version 1984, nous sentons peu la progression et les sentiments nous sont comme imposées.
Troisièmement, la mise en avant du contenu des pièces : elles sont un peu plus détaillées et nous avons droit à de vrais résumés ! La version 1984 suppose que les pièces sont connues et nous livre à peine quelques lignes de l’histoire. Nous avons droit dans la version 2005 à 3/4 minutes de résumés et les pièces jouées ne se restreignent pas qu’aux interventions de Maya ou d’Ayumi. Les personnages secondaires sont bien présents, ce qui donne plus de crédibilité à ce qui se passe sur scène. Par exemple Les Hauts du Hurlevent, Songe d’une Nuit d’été, … Nous plongeons plus aisément dans l’histoire de chaque pièce et les interventions sur sont beaucoup plus longues, nous profitons de magnifiques pièces telles que Bianca femme pirate, Le passage de la Pluie, et surtout Les Deux Princesses qui occupent deux épisodes !
Mais passons aux points négatifs, qui sont à l’opposé de la version de 1984 !
Version 2005 : la gestuelle est moins théâtrale et Maya moins spontanée que dans la version 1984
Premier défaut : le jeu des acteurs manque de punch. Le character design a beau être au goût du jour, certains passages d’une beauté à couper le souffle, il manque un petit quelque chose : une gestuelle moins « poseur », plus spontanée. L’esthétique prend le pas sur l’expressivité. Ce que nous enseigne les personnages sur le jeu d’acteur tiennent plus de la théorie que de la pratique. Je dirais même que l’anime est à moitié raté car il reposait justement sur la justesse des jeux d’acteurs !
Deuxième défaut : les musiques sont aussi vibrantes qu’un rat mort … Les thèmes principaux (il y en a ?!) sont passe-partout, joués au computer, sans aucune âme. Nous les devons à Terashima Tamiya qui a travaillé sur les OAV de Y’s, Key the Metal Idol, The Sacred Black Smith et dernièrement Hero Tales, donc pas forcément un habitué des shôjo.
Concernant les génériques : les opening (deux) et ending (quatre) sont trop modernes à mon goût, mais techniquement irréprochables. Mention spéciale à la 3ème ending, « Sunao ni narenakute » des Splash Candy.
Troisième défaut : le problème de rythme. Malgré le même nombre d’épisodes et la correspondance à peu près dans l’avancé de chaque version, malgré les ajouts de la nouvelle version, on s’ennuie beaucoup dans la version 2005. Les longs travelling sont ponctués de morceaux tonitruants, les réflexions des personnages sont mises en scène de manière plate, les idées ingénieuses ou les répliques cinglantes ne sont pas mises en valeur. La réalisation a été confiée à Hamatsu Mamoru, ayant œuvré sur Miyuki chan in Wonderland, la légende d’Arslan, … donc pas forcément un habitué des shôjo non plus.
Comparatif entre les deux chutes dans l'escalier pour l'entrainement sur Miracle en Alabama, ou comment ne pas se fatiguer à animer en 2005.
Quatrième défaut : l’absence de confrontation, de tensions, entre les personnages notamment les protagonistes. Nous verrons ce point plus en détail dans la partie suivante.
Cinquième défaut : le doublage faible des héroïnes. Kobayashi Sanae campe une Maya un peu molle, pas assez performante et convaincante sur scène. C’est pourtant une seiyû rompue à l’exercice du doublage d’animes et de jeux vidéos (voir la très longue liste ici …), mais les rôles doux ou de persos introvertis lui vont mieux (notamment Physis de Terra e), d’où le passage difficile de la Maya timide à la Maya actrice dynamique. Yajima Akiko dans le rôle de Ayumi est convaincante, mais sa voix est trop fluette par rapport à son caractère affirmé. Dans les deux cas, peut-être que les voix sont mieux passées pour une oreille japonaise.
Il est quand même amusant de remarquer que les personnages secondaires ont conservés les mêmes timbres de voix, Hayami Masumi et Tsukikage Chigusa en tête ! Comme quoi lors du casting, la version 1984 avait beaucoup marqué.
Parlons maintenant des différences entre les deux séries inhérentes à la période de diffusion.
20 ans les séparent … de l’importance du contexte
Pourquoi la version 2005 est-elle moins impactant ? Un manga ou anime devient culte lorsqu’il est indémodable : Hunter X Hunter, 7seeds, One Piece ou encore Full Metal Alchemist se déroulent dans des univers parallèles, Saint Seiya se déroule dans les années 80, mais peu d’indices indiquent l’époque exacte, Versailles no bara se déroule en France au 18ème siècle dans une époque révolue, … l’intérêt étant que les évènements comme les sentiments soient intemporels, universels, compréhensibles de tous. Or c’est la principale faiblesse du manga et de la nouvelle version 2005 : l’histoire d’une passion désespérée devient presque le caprice d’une gamine.
Que se passe-t-il dans la version 1984 : une petite fille, pauvre, sans ressource, dépendante d’une mère employée et logée dans un petit restaurant, veut devenir une actrice. Elle est dans l’une des pires situations sociales, elle n’est douée en rien, n’est pas jolie, a de mauvais résultats à l’école, n’a pas de père. Dans les années 70, les femmes japonaises dépendent encore des hommes et doivent leur être soumises, le monde du spectacle n’est pas encore la machine bien huilée d’aujourd’hui. Internet n’existait pas et il était très difficile de se faire connaitre à moins d’avoir ses entrées dans le monde du divertissement.
Ainsi, plusieurs caractéristiques de l’anime et du manga d’origine, poignants à l’époque, deviennent insignifiants voire ridicules aujourd’hui :
1984
2005
Maya avait l’air d’une bonne à rien, un cas désespéré, sans avenir, son amour et son don pour le jeu est tout ce qui lui reste ! Sortir du système scolaire, c’est le mal ! Alors que Maya a failli le faire plusieurs fois …
Avec la frustration actuelle due à l’obligation de réussite, Maya a l’air d’un cancre qui cherche dans le théâtre un sorte de dérivatif … Tant qu’un jeune a le bac, il n’est pas mal vu et le monde du divertissement permet quelques exceptions.
Maya fuit sa mère et suit Tsukikage, elle dépend complètement d’elle qui en fait ce que bon lui semble … Tsukikage est sa seule référente dans l’univers du spectacle.
Ce lien disparait, à notre époque, Maya pourrait très facilement trouver un foyer, un travail à mi-temps, se présenter à d’autres troupes ! Le seul lien avec Tsukikage étant sa reconnaissance pour lui avoir donné une chance à sa passion. Maya en est presque masochiste.
Maya n’a pas le choix, doit supporter certains mauvais traitements de Tsukikage, les accepter si elle veut apprendre … Elle se prend moult claques et coups de script …
Frapper autant un jeune s’apparente à de la maltraitance !
La passion de Maya pour le théâtre est un rêve impossible, une lubie, vue comme une folie par son entourage. Seules Tsukikage et Ayumi comprennent sa soif absolue du jeu. Le talent est ce qui les démarque et les unit.
Cette passion devient courante, banale. Le monde du divertissement est fait de strass et paillettes et fait vaguement rêver toutes les jeunes filles. N’importe qui peut être acteur, qu’il soit réellement passionné ou non, réellement doué ou non ! Cela devient presque une question d’argent …
Maya néglige ou ne voit pas l’amour de ses prétendants, elle s’investit à fond dans chacun de ses rôles, la possibilité de jouer est régulièrement mise en péril.
Étant dans une société où sa situation est plus inconfortable que désespérée, on a l’impression qu’elle n’est vraiment pas dégourdie ou qu’elle néglige sciemment ses prétendants.
Masumi est gêné que Maya soit si jeune et dans une moindre mesure, qu’elle vienne d’un milieu social si pauvre.
Une fois majeure, 11 ans de différence n’a rien de choquant ! Et les milieux aisés cautionnent la réussite et sont plus perméables qu’il y a 20 ans, même si les mariages arrangés ont encore court.
Ainsi, l’histoire poignante d’une jeune fille qui veut trouver sa place dans sa société, par ses petits moyens, devient celle d’une jeune collégienne banale qui veut rester le plus longtemps possible dans l’univers du spectacle. Tout un pan dramatique de l’histoire disparait, le suspens tient aux confrontations Maya/Ayumi et à l’évolution de la romance Maya/Masumi ! Il n’y a plus cette tension qui vous tient en haleine, si Maya aura la force de décrocher tel rôle ou devra repartir de zéro. Il est plus facile de nos jours d’entretenir sa passion, se faire connaitre sur Internet, qu’à l’époque où le parcours scolaire était sacré, où tout fonctionnait par le bouche à oreille. Et la jeune fille aveuglée par le théâtre et parvenant tout juste à survivre, devient une monomaniaque un peu cruche …
La transposition à notre époque apporte beaucoup de changement sur le traitement des personnages ou l’image qu’ils projettent …
Premier changement : il manque une sorte de violence en parallèle avec la crise de ces années-là et la condition des femmes. Pour le rôle de la poupée dans Un sourire de Pierre ou de Midori dans Takekurabe, Tsukikage crie et frappe de nombreuses fois Maya dans la version 1984, ce qui est tempéré à deux claques dans la version 2005 !
Les claques volent pendant les répétitions de Takekurabe !
Étrangement, la faiblesse de l’animation en 1984 devient une force, de par son côté abrupte et accéléré … Maya était complètement soumise à Tsukikage, qui fait office de professeur, de père et de mère à la fois. Sa façon de la former était justifiée par la dureté de l’époque, la nécessité de la faire évoluer rapidement, de l’endurcir pour gagner son indépendance. La violence étant exagérée et injustifiée en 2005, elle a été limitée voire censurée, Tsukikage perd de sa figure patriarcale et de son ascendance sur Maya, et finalement de sa figure charismatique.
Deuxième changement notable : le glamour d’Ayumi et le challenge de Maya. Ayumi est l’image même de la fille parfaite et de bonne famille : née riche et aimée de tous, sa beauté et son éducation, ses relations de par ses parents, en font un être exceptionnel voire intouchable. D’où le challenge presque insurmontable de Maya rendant la bataille plus hardue, pleine de suspens, et développant notre empathie envers la pauvre Maya. En 2005, la situation d’Ayumi n’est pas banale mais est plus courante, moins inaccessible. Deux conséquences : Ayumi perd elle aussi de son charisme et nous prenons moins le partie de Maya. Pour palier ces manques, quelques modifications ont été apportées au personnage : sa personnalité est plus encline à la jalousie, son sentiment de rivalité plus palpable et exacerbée, son perfectionnisme plus développée.
Dernier changement : la personnalité de Masumi. Dans la version 2005, l’intrigue se porte sur un Masumi accusé de tous les maux puis d’un Masumi persécuteur, présenté comme plus bavard et expansif. Son histoire y est plus détaillée, pour maintenir l’intérêt du spectateur : Maya se rend compte que Masumi a été élevé dans le monde des affaires et que sa froideur n’est que du détachement cultivé par son père. Maya s’attache de plus en plus à lui, alors que Masumi se considérant comme son ennemi, trop âgé pour elle, prend de plus en plus ses distances. Maya saura un peu tardivement qui est l’homme aux roses pourpres … Alors que dans la version 1984, la base de l’intrigue amoureuse est un Masumi moqueur ou muet, bloqué par la différence d’âge et de statut social, qui se mure dans le silence et qui se veut détaché. Le mystère est conservé intact jusqu’au bout, une situation à la fois frustrante mais réaliste. On aime ou on n’aime pas cette version « autiste », mais les longs silences à la Irie Naoki donnent une aura de maturité et autorisent surtout quelques spéculations sur ses sentiments, je dirais même une tension sensuelle du type je t’aime moi non plus !
A noter que la version 2005 est la plus proche de la version manga : sûrement que la différence d’âge fait plus rêver dans un shôjo manga que dans un anime diffusé à la télé …
En conclusion …
J’espère que cet article ne vous a pas noyé et qu’il vous a permis de passer outre les préjugés sur les vieilles séries animées. Rien ne vaut un bon dessin animé des années 80, son lot de drames, de larmes et d’espoirs ! Il faut cependant le replacer dans son époque pour en apprécier toutes les valeurs.
Glass no Kamen 1984 est un anime de qualité, capable de vous tenir en haleine malgré son grand âge (comme quoi méfiez-vous des Box DVD à 25€) ! Mais ne boudons pas la version 2005, dont une édition serait plus probable qu’une publication décennale du manga fleuve de Miuchi Suzue.
Pour cette 12ème édition, j’ai profité de la convention en tant qu’exposante. Que retenir de cette édition ?
Niveau accueil visiteurs : d’après mes sources, hormis le prix exorbitant du parking, le flux des visiteurs a été bien géré, les caisses ont été démultipliées et déplacées sur le parking. Pour ceux munis d’un billet, les visiteurs ont mis 15mn au lieu des 45/60mn de queue !
La restauration est toujours hors de prix, une salade tomate-mozzarella à 8€ ou un okonomiyaki à 16€, ça frise le vol … Heureusement des croquettes au potiron ou des gyôzas à 4€ les quatre étaient abordables pour le commun des mortels.
Niveau stands amateurs : le vide intersidéral en comparaison aux bouchons des stands professionnels et éditeurs. Peu de passage, de curiosité, peu de contacts … La faute aux stands placés plus loin de l’entrée, peu mis en valeurs et aussi des visiteurs venus essentiellement vider leurs porte-monnaies pour des valeurs sûres mangas/animes/maquettes/DVDs/goodies HK … C’est un peu déprimant de constater qu’en 12 ans, les visiteurs de la JE s’intéressent toujours aussi peu au fanzinat.
L’organisation d’autres conventions telles que la Chibi Japan Expo et la 1ère édition du Comic Live avant la JE, peut aussi expliquer l’intérêt moindre des fans de fanzinat ayant déjà son comptant de cartes, posters et fanzines. D’ailleurs certains fanzines n’avaient pas sorti de nouveaux produits depuis ces conv’, dans des délais aussi justes.
Des stands amateurs aux passages un peu vides ...
Des stands professionnels bourrés à craquer !!!
A noter la désormais incontournable participation d’artistes venus du monde entier, dont voici une liste de ceux que j’ai appréciés :
Des illustrateurs de haut vol que j’ai souvent croisé sur DeviantArt… Les niveaux ne sont malheureusement pas homogènes et le choix des places ont été critique pour certains fanzines.
Niveau ambiance : sans être survoltée, toujours consumériste, elle doit beaucoup aux fanzineux, aux associations et aux cosplayeurs. Sinon les démonstrations de catch ont toujours autant de succès et créent une ambiance joyeuse et bon enfant ! Les fanzines et associations étant un peu mis à l’écart, il fallait compter sur les cosplayeurs pour rappeler que la passion pour les jeux, animes et mangas s’exprime aussi par le fait main.
L'Apothicaire de Mononoke
Cosplay inconnu à mon grand regret
La vampiresse Carmilla
Mathias des BeeHives !!!
VOCALOID 2 Hatsune Miku & Megurine Luka
Deux Ciel Phantomhive, des heures de travail juste pour le plaisir !
Je ne suis pas allée au-delà des stands pro, les stands éditeurs m’intéressant peu (vive Amazon) et les stands jeux vidéos étant apparemment bondés. Je n’ai pas eu le temps non plus de faire un tour du côté Comic Con, mais il a été parait-il plus attractif que la Japan Expo, niveau programme et ambiance.
En conclusion …
Une Japan Expo intéressante pour les plus richou et les plus organisés, sinon du commercial et un mal fou à se retrouver au milieu de la foule … Bref une autre édition de la Japan Expo, pas extrêmement enthousiasmante, mais en bon otaku maso, nous ne résisterons pas à l’appel de la prochaine édition.