Your and my Secret / 僕と彼女の××× / Boku to Kanojo no XXX est un shôjo manga dessiné et scénarisé par Ai Morinaga de décembre 2000 à août 2011. Nous lui devons les délirantes séries Le fabuleux destin de Tarô Yamada et Le vilain petit canard, tous deux édités chez Tonkam, l’hilarant My lovely hockey club édité chez Pika.

Cette série a été dessinée après la première et en parallèle avec la troisième.

Your and my secret a été prépublié dans le Monthly Comic Blade puis le Monthly Comic Avarus édités par Mag Garden, le 8ème et dernier tome étant sorti en octobre 2011. Heureusement pour les anglophiles, une version anglaise des tomes 1 à 7 est sortie chez Tokyopop, malheureusement le tome 8 ne sortirait pas suite à la fermeture de la branche américaine de l’éditeur.
Que cela ne vous empêche pas de découvrir cette série, qui est le summum des oeuvres de Morinaga !

L’histoire

Akira Uehara est un jeune lycéen plutôt mignon mais introverti et efféminé. Nanako Momoi est une lycéenne à la grâce et à la beauté ravageuses. Akira est fou amoureux de Nanako qui n’en a que faire, car sous ses dehors de belle camarade de classe, se cache un monstre d’égoïsme, de vulgarité et de violence !

Ils se retrouvent victime d’une expérience de Manzou, le non moins égocentrique grand-père de Nanako, et les esprits de Nanako et d’Akira changent de corps ! Akira, affolé et déboussolé, supporte mal la situation, Nanako accepte à 100% son nouveau corps et en profite pour faire les 400 coups !

En attendant que Momoi Manzou daigne réparer la machine, Nanako dans le corps d’Akira sort avec son ex-meilleure amie Shiina Makoto, tandis qu’Akira dans le corps de Nanako subit la cour assidue de Senbongi Shinnosuke, son ex-meilleur ami ! Car Akira en fille est d’une générosité et d’une féminité craquantes, Nanako en homme est d’une spontanéité et d’une virilité qui en fait fondre plus d’une !

Akira et Nanako vont-ils retrouver leurs corps respectifs ? Le souhaitent-ils vraiment ? Comment réagiraient leur amoureux Shiina et Senbongi ?

Les personnages

Uehara Akira

Pourtant beau et intelligent, Akira est un jeune homme tellement gentil, limite se laisse marcher sur les pieds, qu’aucune fille ne s’intéresse à lui et que les autres garçons s’apitoient sur son cas. Même sa petite soeur se moque de lui ! Son ami d’enfance Senbongi est son seul véritable ami. Prévenant, se débrouillant en cuisine et en couture, il s’apparente à un Otomen qui s’ignore. Il est très amoureux de Nanako qui daigne à peine poser un regard sur lui et parfois se paye royalement sa tête !
Mais le destin lui joue des tours : la machine du grand-père de Nanako échange leurs personnalités et il se retrouve dans le corps de sa bien-aimée. L’esprit d’Akira est totalement raccord avec le corps de Nanako. Après l’échange, Akira en fille a énormément de succès auprès des garçons, même auprès de son meilleur ami Senbongi ! Akira aura du mal à accepter cet état de fait et devra prendre son mal en patience, le temps que Manzou répare la machine. Cependant, Akira acceptera petit à petit sa nouvelle vie et les opportunités que lui offre son nouveau corps.

Momoi Nanako

D’apparence douce, gentille et féminine, Nanako est une vraie brute épaisse, capable de violence ou de coups bas pour obtenir ce qu’elle veut (même pour un pain fourré …). Elle est très égoïste et est d’une franchise désarmante. Souvent vulgaire dans les paroles (oreeeee, temeeeee !) et dans les gestes (le doigt dans le nez …). Ses mensurations sont parfaites et beaucoup étaient attirés par elle avant de déchanter devant tant de mauvais caractère … Elle a pour seule amie Shiina, qui l’avait abordée par gentillesse pour finalement rester à ses côtés.
Après l’échange, Nanako est à 100% raccord avec le corps d’Akira et son succès auprès des filles la conforte : elle n’hésite pas à faire de la musculation, à draguer (voire coucher !) avec des femmes plus âgées, à se battre pour défendre sa soeur, … Celle-ci tombe carrément amoureuse de lui, surprise par tant de virilité ! Contrairement à Akira, Nanako ne veut surtout pas retrouver son corps, surtout depuis qu’elle sort avec son ancienne meilleure amie Shiina …

Shiina Makoto

La douce et innocente Shiina est une camarade de classe, la  meilleure (et seule amie) de Nanako. Elle est si féminine que Nanako s’était dit qu’elle sortirait avec elle si elle-même était un garçon ! Ce qu’elle ne s’est pas privée de faire par la suite … Même Akira en fille ne reste pas insensible à son charme.
Prévenante et un peu trop gentille, Shiina offre un contraste saisissant avec Nanako à ses côtés et s’apparente à un Akira née fille. Cependant elle diffère de lui car moins timide, plus entreprenante, Shiina ose dire ce qu’elle pense, tout en sachant tenir sa langue en certaines occasions. Ce qui explique peut-être la préférence de Nanako pour elle plutôt que pour Akira. Shiina ne se doute de rien concernant l’échange d’esprits entre Akira et Nanako.
Elle sort avec Nanako en garçon et espère toujours aller plus loin dans leur relation, ce qui n’est pas du goût de Akira.

Senbongi Shinnosuke

C’est le meilleur ami d’Akira, intelligent, beau gosse, la coqueluche des filles de sa classe. Il a cependant vécu une expérience traumatisante qui l’a dégoûté de la gente féminine pour un temps. Il n’était pas du tout intéressé par Nanako avant que l’esprit d’Akira ne s’y glisse … Il est soudainement attiré par tant de timidité et de féminité et devient par la suite extrêmement entreprenant envers Akira en fille ! Il découvre assez rapidement le secret d’Akira et de Nanako, et loin d’être dégoûté, il est d’autant plus déterminé de conquérir Akira. Pour lui Nanako avec l’esprit d’Akira est la femme parfaite : la beauté et le kawaï de Nanako, la douceur et la gentillesse d’Akira, sans arrière-pensée ni mesquinerie féminine.
Mais ne nous trompons pas, nous ne sommes pas dans un boys’ love : Senbongi n’a aucune attirance pour Akira en garçon, il ne s’imagine même pas faire quoi que ce soit si Akira retrouvait son corps. C’est ce qui est attendrissant : il aime éperdument Nanako avec l’esprit d’Akira et fait tout pour que cette situation ne change pas, au grand dam de ce dernier.

Momoi Manzou

Le grand-père paternel de Nanako, celle-ci est son portrait craché : capricieux, vulgaire, égocentrique, obsédé, négligé, sans scrupule, … bref tous les défauts du monde ! C’est un génial chercheur à la retraite qui passe son temps à inventer des machines loufoques aux effets incertains ! Il n’hésite pas à les expérimenter sur sa famille et notamment sur Nanako !

Akira devra composer avec lui s’il veut retrouver son corps, ce qui ne sera pas une mince affaire vu les caprices, le caractère versatile et l’absence totale de responsabilité de celui-ci.

Bien entendu d’autres personnages participent à l’histoire : la famille Uehara bien contente d’avoir un Akira plus virile et la famille Momoi tout aussi ravie d’avoir une fille enfin bonne à marier !

Les ingrédients d’un shôjo rafraîchissant

Lorsque la Science se mêle à un shôjo de Morinaga, cela donne un vent de nouveauté sur les quiproquos, comiques de situation et ingrédients types du shôjo ! Les connaisseurs savent que Morinaga ne reste jamais sur ses acquis (graphisme et humour potache) et va toujours plus loin dans le déroulement de l’histoire comme dans l’évolution des personnages. Je diviserais la série en 3 parties : la première partie ou la découverte, la deuxième partie ou la complexification des sentiments, la troisième partie ou la décision.

I/ L’échange : avantages, inconvénients et situations loufoques !

La première partie du manga dérive dans les situations loufoques et les quiproquos, en total contraste avec le désespoir d’Akira. On se demande si l’auteur savait exactement où elle allait, mais elle a doucement fait évoluer l’opinion d’Akira. Le récit est d’ailleurs raconté de son point de vue. Voici une liste non exhaustive de ce qui se passe dans cette série :

  • les notes : changement de personnalité = changement de niveaux scolaires, malheureusement pour lui, Nanako est un cancre et les notes d’Akira sont en chute libre !
  • amour impossible : Akira a beau être amoureux de Nanako et Nanako propice à sauter sur tout ce qui porte une jupe, ils ne peuvent pas être physiquement amoureux de leurs propres corps !
  • la perte de contrôle : Nanako utilise le corps d’Akira de manière peu scrupuleuse, Akira ne peut et n’ose pas le faire.
  • les différences de perception et de traitement : un homme qui s’excuse est faible, on pardonne plus facilement à une fille, etc …

Les personnages prennent régulièrement leurs nouvelles hormones pour excuses de leurs penchants, mais est-ce vraiment la seule raison ?

II/ La science au service de l’amour transgenre

Plus on avance dans l’histoire, plus elle se complexifie … Pas tant que cela, en fait le carré amoureux est bien pensé et renouvelle le genre. En fait les personnages tout en restant typiques et classiques des shôjos, sont dépoussiérés et remis au goût du jour :

Version classique Version Morinaga
Akira en Nanako est douce et attentionnée, se pose mille questions, repousse les avances de Senbongi, … Dans un shôjo classique, Akira serait un personnage plein de poncifs, une vraie tête à claque ! MAIS sa situation fait que le lecteur compatit et l’encourage. Loin d’être lourd, Akira doit se battre quotidiennement dans un univers si loufoque et hostile. Finalement on l’adore tourmenté !
Nanako en Akira aurait été un personnage viril que toute lectrice maso adorerait et que les autres éviteraient avec soin … Sportif mais vulgaire, amoureux mais infidèle, protecteur mais violent, … MAIS le fait que l’esprit d’une jeune fille l’habite et surtout qu’elle soit l’amie de Shiina lui donne des attentions toutes particulières, qui rendent le personnage amoureux crédible et tout bonnement craquant !
Shiina a tout de la bonne copine, mignonne et féminine, très naïve au point d’avoir l’air cruche, et qui ne fait de l’ombre à personne. MAIS sa gentillesse en fait l’amie et l’alliée de tous, même du lecteur ! On ne peut que sympathiser et non la prendre en pitié pour son ignorance concernant l’échange, on aurait même de la peine si elle savait et que Nanako retrouvait son corps.
Senbongi a tout du beau gosse : beau, gentleman, intelligent ! Il a du succès et est quasiment parfait, hormis son côté entreprenant, comme tout adolescent mâle qui se respecte. Un perso parfait tout en étant réaliste, trop parfait même … MAIS Senbongi cumule le rôle de l’éternel second, car maintes fois repoussé par Akira en Nanako. Son amour débordant pour Akira en Nanako occasionne des passages hilarants ! Pour lui par contre, on a pitié mais on l’encourage tout de même !
Les choses doivent rentrer dans l’ordre : Akira et Nanako doivent retrouver leurs corps respectifs, s’expliquer avec leurs amoureux, Nanako se faire une raison, etc … MAIS on ne peut s’empêcher de vouloir le contraire ! Finalement seul Akira se remet en question et trouve la situation inconfortable … Ils sont tellement en osmose avec leurs corps de destination : Akira dont la gentillesse le rendait niais et Nanako dont la brutalité la faisait paraitre sauvage, une fois le transfert effectué, Akira en Nanako devient une vraie Yamato Nadeshiko et Nanako en Akira devient un preux chevalier ! On en redemande !

La lectrice rompue à la lecture de shôjo peut enfin craquer pour les codes classiques tout en ne s’ennuyant pas une seconde ! Il y a la belle héroïne, la bonne copine, le voyou, le beau gosse.
Ils sont parfaits ? Pas vraiment leurs vraies personnalités.
Leurs relations parfaites ? Notre coeur balance pour la situation initiale ou la nouvelle.
Nous avons soudainement envie d’encourager des personnages qui nous auraient énervé tellement ils sont vus et revus. L’évolution de leurs amours et amitiés est à la fois rationnelle, scientifique mais se tient au coup de coeur physique-caractère. Cela apporte une certaine fragilité des sentiments et des relations, perpétuellement mis en péril par les doutes d’Akira. Et une touche de réalisme alors que l’origine de tout cela est la machine à échanger les esprits d’un professeur fou !

Un mot sur le dessin : comme de vrais comédiens, l’auteur a su insuffler de vrais mimiques purement masculines ou féminines !

III/ Assumer sa personnalité et ses goûts en dépit du bon sens ?

Attention cette partie va légèrement spoiler ! Rendez-vous sur la partie Drama si vous ne souhaitez pas lire la suite !

Ce manga souligne les trois aspects d’une histoire d’amour : l’attirance, la complicité et les souvenirs partagés. L’échange d’esprits donne une pureté à la mise en situation de ces aspects tout en montrant combien ils peuvent être aléatoires et dépendant de la réalité.

Morinaga prend les choses à l’envers : d’abord les souvenirs communs sont le fruit d’une amitié entre filles ou entre amis d’enfance. S’en suit alors une complicité qui perdure malgré l’échange des esprits, et ce d’autant que chaque couple est au final du même sexe dans leurs esprits. Enfin l’attirance est quasi immédiate au début sur le plan physique, mais est réellement acceptée lorsque celle-ci perdure malgré un retournement de situation. L’attirance n’est pas seulement physique mais spirituelle, apportant cette touche de pureté aux plus belles histoires d’amour.

Pourtant l’auteur n’omet pas l’impact de la réalité : Shiina voit Nanako que comme meilleure amie et Senbongi n’est pas homosexuel. Une histoire d’amour nait de paramètres aléatoires et d’une alchimie particulière. Malgré un pitch basé sur l’improbable et le contradictoire, Morinaga parvient à souligner la force et la fragilité que peut revêtir l’amour.

Le Drama

Cast

Takahashi Mai : Momoi Nanako

Shioya Shun : Uehara Akira

Suzuki Akie : Shiina Makoto

Sato Masahiro : Momoi Manzou

Résumé

Uehara Akira est amoureux de la belle Momoi Nanako, mais le caractère violent et intimidant de celle-ci l’empêche de se déclarer. Suite à une expérimentation du grand-père Momoi, leurs esprits se retrouvent échangés ! C’est l’occasion pour Akira de se rapprocher de Nanako et de mieux la connaitre.

Avis

Le drama couvre les trois premiers tomes, jusqu’au voyage à Ôkinawa. Autant dire qu’il ne se passe pas grand chose ! Malheureusement les personnages évoluent très peu, Shiina a l’air cruche et Senbongi un obsédé de première. Le drama est quand-même amusant avec les petites anecdotes, mais c’est surtout le jeu assez bluffant des acteurs principaux qui retient notre attention, du même niveau que Ha Ji Won/Hyun Bin de Secret Garden.
Le drama datant de 2006, il n’y a pas de réelle fin, une évolution est supposée, à la manière d’une fin ouverte.

Pour conclure …

Boku to Kanojo no XXX est une des meilleures séries d’Ai Morinaga ! Nous sommes un brin bouleversées par ces persos qui s’aiment au-delà du genre. Le thème du travestissement est utilisé intelligemment et permet à l’auteur d’explorer les différentes facettes de l’amour et de l’amitié. Un concentré de comique de situation, d’amours contrariés, de questionnement sur la limite entre l’égoïsme et l’amitié. Espérons que Tokyopop pourra sortir le dernier tome ou mieux une édition française !

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